Recherches personnelles

Entre présentation et représentation

Architecte de formation, Eric Chevalier s’est intéressé très tôt à la photographie. Il a ainsi pu, au cours de ses années de pratique en tant que photographe professionnel, expérimenter en premier lieu la pratique argentique en laboratoire, avant d’accompagner le passage au numérique.

Dans le cadre du photoreportage et de la photographie de presse, il a d’abord utilisé le médium photographique pour questionner et expérimenter l’équilibre difficile entre observation et participation. Cherchant à « trouver la bonne distance », il a ainsi collaboré avec divers groupes de presse et associations.

Rapidement, son travail questionne la façon de rendre la totalité de cette expérience. Parallèlement à sa pratique professionnelle où la photographie de presse répond à une nécessité de représentation, il se demande comment partager la plénitude de l’expérience du monde. A travers une approche plus documentaire, son travail s’ouvre à une dimension plus esthétique. Il s’éloigne ainsi de la représentation pour favoriser une présentation, une présence sensible de l’oeuvre moins « guidée » par les codes de la presse. La photographie s’ouvre alors sur une plus grande liberté, à travers une mise en avant du ressenti.

Ce cheminement l’a amené à questionner la matérialité du médium photographique. Il a alors retrouvé la pratique argentique et le travail en laboratoire. A travers un retour réflexif sur la pratique originale de la photographie, il s’est orienté vers une recherche résolument plus esthétique. Il a, au cours d’ateliers et lors d’expérimentations personnelles, questionné la faculté de ce médium à présenter plus qu’à représenter le sensible.

Enfin, comme un retour à l’espace, il a opté pour une mise en situation de la photographie avec des interventions dans l’espace public. La photographie dépasse alors la simple présentation ou représentation de l’expérience pour devenir un support, un retour sur cette expérience.